L’examen des pupilles complète l’évaluation neurologique : il faut observer leur taille, leur symétrie et leur réactivité, puis surtout suivre leur évolution. Une anomalie pupillaire n’est jamais un diagnostic à elle seule. Chez l’ambulancier, elle prend son sens avec l’état de conscience, le contexte, le mécanisme, les paramètres vitaux et les autres signes observés.
Objectifs de révision
- Différencier myosis, mydriase et anisocorie.
- Savoir décrire simplement les pupilles dans un bilan.
- Comprendre pourquoi une modification pupillaire peut constituer un signal d’alerte.
- Éviter les conclusions diagnostiques à partir d’un signe isolé.
Que faut-il observer ?
Comparez les deux yeux : diamètre approximatif, symétrie et réaction à la lumière. Une pupille qui se resserre à la lumière est dite réactive. L’observation doit être réalisée dans des conditions aussi comparables que possible et réévaluée si l’état du patient change.
Myosis
Le myosis correspond à une pupille resserrée. Il peut être physiologique ou associé à différents contextes. Le rôle ambulancier consiste à constater et transmettre le signe, pas à attribuer seul une cause.
Mydriase
La mydriase correspond à une pupille dilatée. Là encore, le contexte est indispensable : luminosité, traitements, atteinte neurologique ou autres situations peuvent modifier le diamètre pupillaire.
Anisocorie
L’anisocorie est une différence de diamètre entre les deux pupilles. Elle peut préexister et être bénigne, mais une anisocorie nouvelle, surtout associée à une altération neurologique ou à un traumatisme crânien, doit être signalée rapidement. Dans son aide cognitive sur le traumatisme crânien grave préhospitalier, la SFMU intègre explicitement l’examen des pupilles — anisocorie, mydriase et réactivité — à l’évaluation neurologique.
Ne transmettez pas seulement « pupilles anormales ». Décrivez : droite/gauche, taille approximative, symétriques ou non, réactives ou non, heure de l’observation et évolution. Associez toujours cette information à l’état de conscience et au reste du bilan.
Pourquoi la réévaluation est essentielle
Une photographie à un instant donné est moins informative qu’une évolution. Après un traumatisme crânien ou devant une altération de conscience, notez toute modification du comportement, du score neurologique utilisé selon vos procédures et de l’examen pupillaire.
Erreurs fréquentes
- Conclure à une pathologie précise sur la seule taille des pupilles.
- Oublier de comparer les deux yeux.
- Ne pas préciser la réactivité.
- Ne pas réévaluer après une modification de l’état clinique.
- Oublier les antécédents ophtalmologiques, traitements ou particularités connues lorsqu’ils sont accessibles.
Pupilles = taille + symétrie + réactivité + évolution. Myosis signifie resserrement, mydriase dilatation, anisocorie différence entre les deux pupilles. Aucun de ces signes ne doit être interprété isolément. Toute anomalie nouvelle associée à une dégradation neurologique ou à un traumatisme doit être intégrée immédiatement au bilan et transmise selon les protocoles locaux et les consignes de régulation.
Mini-QCM
1. Une anisocorie est :
A. Deux pupilles serrées
B. Une différence de diamètre entre les deux pupilles
C. Deux pupilles non réactives
Réponse : B.
2. Une pupille dilatée est dite :
A. En myosis
B. En mydriase
C. En tachypnée
Réponse : B.
3. Quelle transmission est la plus utile ?
A. « Pupilles bizarres »
B. « Pupilles OK »
C. « Pupilles asymétriques, droite plus large, réactivité observée, modification apparue pendant le transport »
Réponse : C.
4. Une anomalie pupillaire permet-elle à elle seule de poser un diagnostic ?
Réponse : non. Elle doit être replacée dans l’ensemble du bilan clinique et de son évolution.
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Complétez cette révision avec le score de Glasgow, l’échelle AVPU et la méthode du bilan ambulancier.
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Sources
- Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU), aide cognitive « Trauma crânien grave pré-hospitalier ».
- SFMU, recommandations « Prise en charge des patients présentant un traumatisme crânien léger de l’adulte », septembre 2022.
Contenu de révision destiné aux ambulanciers. Il ne remplace ni une formation, ni les protocoles locaux, ni les consignes de la régulation médicale.
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