Publié le 24 septembre, l’Observatoire du Transport Sanitaire 2026 décrit un secteur sous forte pression économique. Après une croissance limitée à 1,57 % en 2025, l’étude projette pour 2026 une accélération des coûts et un résultat net moyen autour de 0,5 % du chiffre d’affaires. Pour les entreprises d’ambulances et de VSL, le sujet dépasse donc la seule question du carburant : salaires, véhicules, financement et urgence préhospitalière pèsent simultanément sur l’équilibre économique.
Une activité qui progresse peu
Selon l’Observatoire présenté par Turbulances Expertise Métier et M3 Conseil, le marché du transport sanitaire a progressé de 1,57 % en 2025. Dans le même temps, le nombre de missions a reculé de 0,8 % en VSL et de 0,5 % en ambulance.
Cette évolution intervient alors que la demande reste structurellement soutenue par le vieillissement de la population, la désertification médicale et les transformations de l’offre hospitalière. En face, l’Assurance Maladie poursuit ses objectifs de maîtrise des dépenses de transport.
Salaires, carburant et véhicules : les coûts accélèrent
L’étude estime que les coûts salariaux pourraient progresser d’au moins 2,48 % en 2026, avec un impact évalué à 54 millions d’euros pour le secteur. Le carburant constitue un autre point de tension : malgré les dispositifs d’aide, l’Observatoire anticipe une hausse de 20 % de ce poste, représentant près de 40 millions d’euros de coût supplémentaire.
Les véhicules, leur entretien, l’assurance et leur financement restent également sous pression. Les auteurs estiment que la hausse générale des prix pourrait ajouter environ 15 millions d’euros de charges.
L’urgence préhospitalière reste un point sensible
L’Observatoire estime que l’urgence préhospitalière représente désormais 10 à 15 % de l’activité globale. Son déploiement est présenté comme utile à la chaîne de soins, mais son modèle économique resterait déficitaire pour certaines entreprises.
Le document évoque notamment le revenu minimum garanti, actuellement fixé à 64 euros, et estime qu’un niveau proche de 90 euros serait nécessaire pour couvrir le coût des moyens engagés. Il s’agit ici d’une estimation économique portée par l’étude, et non d’une nouvelle rémunération décidée ou entrée en vigueur.
Des rémunérations ambulancières de plus en plus proches du SMIC
Autre signal relevé par l’étude : l’écart entre le taux horaire d’un DEA et le SMIC se réduit fortement. Le taux DEA cité est de 12,79 euros contre 12,31 euros pour le SMIC, soit seulement 3,9 % d’écart.
Le retour à un écart historique d’environ un euro représenterait, selon l’Observatoire, un coût de 57 millions d’euros. Les auteurs considèrent qu’une telle hausse ne peut pas être absorbée facilement par les entreprises dans les conditions économiques actuelles.
Un résultat net moyen projeté autour de 0,5 %
En agrégeant ces différentes pressions, l’étude aboutit à une projection particulièrement serrée : un résultat net moyen autour de 0,5 % du chiffre d’affaires en 2026. Elle signale également une progression des défaillances d’entreprises du transport sanitaire, au-dessus de la moyenne nationale tous secteurs confondus.
Ce constat devra être suivi dans les prochains mois, notamment au regard des négociations conventionnelles, de l’évolution des prix de l’énergie et des discussions sur le financement de l’urgence préhospitalière.
Sources
• Turbulances Expertise Métier / M3 Conseil, « Observatoire du Transport Sanitaire 2026 », publié le 24 septembre 2026.
• CNSA Ambulances, informations sectorielles et Observatoire du Transport Sanitaire.
• Assurance Maladie, données et orientations relatives aux dépenses de transports sanitaires.
