Le bilan de l’été 2026 publié par Samu-Urgences de France décrit des services d’urgence et des SAMU-SAS fortement sollicités pendant les épisodes caniculaires. Parmi les 98 SAMU-SAS ayant mesuré leur activité, 95 ont signalé une hausse des appels au 15. L’enquête met également en évidence des difficultés d’aval, avec des patients restant sur brancard faute de lits disponibles. Ces résultats sont déclaratifs et non exhaustifs : ils décrivent une tendance forte, mais ne constituent pas une mesure complète de l’ensemble du territoire.
Une forte pression sur la régulation médicale
L’enquête de Samu-Urgences de France a recueilli les réponses de 143 professionnels et responsables de services d’urgences, SAMU-SAS et SMUR issus de 80 départements. Parmi les 98 SAMU-SAS ayant quantifié leur activité, 95 ont constaté une augmentation des appels au 15 pendant les épisodes de chaleur.
Plus de la moitié de ces structures rapportent une hausse d’au moins 20 %, tandis que onze font état d’une augmentation d’au moins 50 %. Les effectifs n’ont pas toujours suivi cette progression : 78 % des répondants considèrent notamment que les effectifs d’assistants de régulation médicale étaient insuffisants face à la charge observée.
L’aval des urgences reste un point critique
La tension ne s’arrête pas à la régulation ou à l’arrivée aux urgences. Parmi les 58 services ayant comptabilisé les patients restant sur brancard après leur prise en charge, 43 % déclarent en avoir accueilli au moins vingt par jour. La durée maximale médiane d’attente rapportée atteint 48 heures et, dans 32 structures, certains patients ont attendu trois jours ou davantage avant leur hospitalisation.
Vingt-six structures ont par ailleurs signalé au moins un décès d’un patient pris en charge ou en attente sur un brancard. L’enquête ne permet toutefois pas d’établir que ces décès ont été causés par l’attente ou par la chaleur. Cette distinction est essentielle pour interpréter correctement les données.
La chaleur comme facteur aggravant
Les épisodes caniculaires ont ajouté une contrainte à un système déjà sous tension. 87 % des répondants rapportent davantage de demandes de soins liées à la chaleur. Les situations évoquées comprennent notamment malaises, déshydratations, hyperthermies et décompensations chez des patients fragiles.
Le bilan décrit également des conditions de travail difficiles dans certains établissements, notamment lorsque la climatisation était absente ou partielle. Ces éléments rappellent l’importance de l’anticipation des épisodes de chaleur, aussi bien dans les établissements que pour les équipes préhospitalières.
Ce que ces chiffres disent — et ne disent pas
Ce baromètre apporte un éclairage important sur l’été 2026, mais Samu-Urgences de France souligne son caractère déclaratif et non exhaustif. Il ne faut donc pas extrapoler automatiquement ses résultats à tous les services d’urgence français.
En revanche, plusieurs indicateurs convergent : hausse des sollicitations du 15, difficultés de renfort, tensions sur les capacités d’hospitalisation et augmentation des demandes de soins liées à la chaleur. Pour la chaîne préhospitalière, ces tensions renforcent l’importance de la coordination entre ambulanciers, régulation médicale, SMUR et établissements receveurs.
Sources
Samu-Urgences de France — baromètre de l’été 2026, publié le 17 septembre 2026 ; Caducee.net, « Canicules 2026 : le système de santé a tenu, mais urgences et SAMU-SAS sous forte tension », 21 septembre 2026 ; Healthcare Executive / Le Spécialiste, « Urgences : jusqu’à trois jours sur un brancard », 23 septembre 2026.
