Le Centre National Relais 114 dévoile à l’approche de la Journée mondiale des Sourds du 26 septembre de nouveaux chiffres sur la connaissance du 114. Malgré une progression, seulement 26 % des personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles ou aphasiques déclarent connaître ce service d’urgence. Pour les ambulanciers, connaître son fonctionnement permet de mieux comprendre comment une alerte non vocale rejoint ensuite les services de secours.
Un numéro d’urgence encore trop peu identifié
Le baromètre Viavoice 2026, réalisé auprès de 1 028 personnes, montre que la notoriété du 114 progresse mais reste limitée. Selon les résultats diffusés par le Centre National Relais 114, 26 % des personnes directement concernées et 27 % de leurs proches déclarent connaître le dispositif.
Autrement dit, près de trois personnes concernées sur quatre ne l’identifient toujours pas. Dans l’ensemble de la population, la notoriété assistée du 114 est donnée à 18 %. Parmi les personnes qui connaissent ce numéro, 44 % identifient correctement le public auquel il s’adresse, contre 36 % fin 2024.
Comment une alerte 114 rejoint-elle les secours ?
Le service est piloté depuis le CHU Grenoble Alpes. Les demandes arrivent au Centre National Relais 114, où des agents de régulation sourds et entendants recueillent notamment l’identité, la localisation et les informations utiles sur la situation.
Lorsque la situation nécessite une intervention, le 114 transmet ensuite l’alerte au service compétent : SAMU, sapeurs-pompiers, police, gendarmerie ou, selon les situations, hébergement d’urgence. Le ministère de l’Intérieur confirme que le dispositif est accessible notamment par visiophonie, tchat et SMS.
Le site officiel Urgence 114 indique que le service traite désormais environ 130 requêtes par jour. Cette hausse d’activité intervient alors que sa notoriété reste encore faible auprès de son public cible.
Pourquoi les ambulanciers sont concernés
L’ambulancier n’a pas à se substituer au dispositif de régulation. En revanche, connaître l’existence du 114 peut être utile lorsqu’un patient sourd, malentendant, sourdaveugle ou aphasique évoque ses moyens habituels de contacter les secours, ou lorsqu’une équipe cherche à comprendre le cheminement d’une alerte ayant transité par ce service.
Cette connaissance participe aussi à une meilleure prise en compte de l’accessibilité dans les situations d’urgence. Le 114 peut transmettre une demande vers le SAMU ou les autres services compétents, qui organisent ensuite la réponse selon la situation.
Quels moyens permettent de contacter le 114 ?
Le service officiel indique plusieurs possibilités d’accès : l’application Urgence 114, le portail internet dédié et le SMS. La plateforme permet également une communication adaptée en langue des signes française et différents modes combinant vidéo, texte, voix et images.
Le service est disponible en France métropolitaine ainsi qu’en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte. Le site officiel précise qu’il n’est pas encore disponible dans certaines collectivités d’outre-mer.
Une information à diffuser avant l’urgence
Le nouveau baromètre insiste particulièrement sur le rôle de l’entourage et des professionnels. Le Centre National Relais 114 estime à environ 14 millions le nombre de proches et aidants susceptibles de relayer l’existence du dispositif auprès des personnes concernées.
L’enjeu est simple : découvrir le 114 au moment même où survient une urgence est moins efficace que d’en connaître auparavant le fonctionnement et les moyens d’accès.
